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    La grotte du parc Sainte-Marie a 100 ans

La grotte du parc Sainte-Marie a 100 ans

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Le samedi 24 septembre ont été célébrés les 100 ans de la grotte de Lourdes du parc Sainte-Marie à Chaumont.


Cette grotte a été construite en 1922 sur l’initiative de l’Abbé Georges Camille Flammarion, qui est mort au front en octobre 1918. Cette construction a été suivie en 1923 de celle du campanile.
Pour célébrer le centenaire de ces deux monuments, un cycle de conférences aura lieu jusqu’en octobre 2023.

Conférence donnée par Mme Martine Colliot, qu’elle soit ici remerciée d’avoir accepté cette publication.

CENTENAIRE DE LA RÉPLIQUE DE LA GROTTE DE LOURDES À CHAUMONT

Bonjour mesdames, messieurs. Bienvenue au Parc Sainte-Marie.
Si vous n’avez pu assister à la conférence donnée hier soir au cinéma “A l’Affiche“, nous vous proposons un bref historique afin de vous permettre de pénétrer dans l’histoire centenaire du lieu.
Madame et Monsieur Hubert Flammarion, petit-neveu du Père Flammarion dont nous allons vous parler, nous ont fait la joie de nous recevoir en juillet afin de nous aider à préparer au mieux cet anniversaire chaumontais. Nous leur sommes reconnaissants d’avoir répondu spontanément à notre prise de contact.

Aujourd’hui donc, 24 septembre 2022, nous commémorons la bénédiction de la réplique chaumontaise de la grotte de Lourdes. Cette cérémonie eut lieu exactement le 10 septembre 1922.
A ce moment-là, des milliers de pèlerins ont convergé vers Chaumont pour ce moment unique qui a uni les morts et les vivants.
A Chaumont, comme ailleurs, on vivait encore dans la tourmente de la Grande guerre. On se recueillait autour du souvenir des milliers de disparus, les uns inhumés au Front, les autres rapatriés dans leur commune.
L’un de nos vicaires chaumontais engagé volontaire, le Père Georges Camille Flammarion, fut tué à son poste le 30 octobre 1918 dans les Ardennes, alors que la victoire commençait à sourire.
Il repose à l’ombre de son clocher d’Audeloncourt en Haute-Marne, là où il est né le 25 juillet 1883.
Il avait donc 35 ans lorsqu’il fut fauché, comme des millions de camarades, en pleine jeunesse.

Qui fut donc ce prêtre qui nous rassemble aujourd’hui ?

Georges Camille Flammarion commença ses études auprès du curé Thouvenin de Breuvannes. Il a 15 ans quand il entre au séminaire de Langres en 1898.
Le 29 juin 1906, il est ordonné prêtre et part ensuite pour le séminaire français à Rome où il obtient un doctorat de l’université grégorienne.
En 1908, l’abbé Flammarion arrive à Chaumont, se dévoue aux oeuvres sociales, participe à la direction du Patronage Jeanne d’Arc qui accueille des jeunes filles.
Arrive la déclaration de guerre le 3 août 1914.

Il veut s’engager. Refusé comme aumônier militaire en décembre pour manque de place, il persiste et part en février 1915.

En juin, il est affecté dans le Pas-de-Calais. Notre vicaire est devenu aumônier bénévole.
1916 : secteur de Verdun, puis la Marne.
Enfin en 1917, l’aumônier devient brancardier volontaire dans le 12ème régiment d’artillerie dans la Somme, revient dans la Marne durant l’offensive finale de juillet 1918 qui l’amène à Le Thour où d’atroces mutilations lui seront fatales alors qu’il lisait son bréviaire.
Il sera cité 4 fois à l’ordre et recevra la croix de guerre et la médaille militaire.

A Audeloncourt où nous avons rendu hommage aux tués de la Grande guerre, nous avons pu voir son cadre de vie d’enfant. Inchangé par rapport aux photos qui nous furent présentées.
L’église de son baptême, où il célébra l’une de ses premières messes le 7 juillet 1906, a béni 3 cloches le 2 mai 1920, venant des fonderies de Robécourt, cité vosgienne toute proche. L’abbé Flammarion n’aura pas partagé cette joie avec sa paroisse d’origine. Sa dépouille n’est arrivée à Audeloncourt que deux ans et demi après son décès, soit le 15 février 1921.
Un hommage lui fut rendu à Chaumont le 9 janvier 1919, soit donc quelques mois après sa mort..
Son frère Paul Flammarion ne put arriver pour la date car il était retenu prisonnier. Monsieur le chanoine Mettrier, archiprêtre de Chaumont, le chanoine Lindecker apparenté au défunt, la chorale dirigée par l’abbé Guillemin de retour de guerre, une vingtaine de prêtres et de notables civils et militaires, une foule dense "rendaient (je cite) toutes noires les nefs de la basilique..."

Les obsèques, elles, eurent lieu à Audeloncourt le 15 février 1921 en présence d’amis, d’habitants du Bassigny, du patronage Jeanne d’Arc qui déposa sur sa tombe une croix blanche, de l’archiprêtre de Chaumont, du curé de Saint Aignan, de l’abbé Moussus son successeur auprès du patronage, du chanoine Henry qui fut un ami proche. Il y avait là aussi, d’anciens vicaires de Chaumont, une vingtaine d’autres prêtres qui avaient défié les distances et les difficultés de communication.
Le vicaire général Moissonnier représentait monseigneur l’évêque de Langres.
Monsieur le doyen d’Audeloncourt présidait. Le capitaine Robert parla de "son cher aumônier" et un écolier ajouta sa pensée d’enfant à toutes les autres.

En 1930, des vitraux furent offerts à l’église par les paroissiens. L’un d’entre eux montre Saint Camille de Lellis, patron des personnels des hôpitaux, avec le visage du Père Flammarion. Tout auréolé, il veille un malade allongé sur une civière.
Le nom du Père Flammarion est le premier sur la liste des victimes 1914/1918 inscrites à l’église.
Ceci montre l’estime portée à ce prêtre natif d’Audeloncourt.

Ce village, qui est alors habité par des populations terriennes du Bassigny, retient les enfants au labeur des champs, leur inculquant la foi, dont bénéficia le Père Georges Camille, qui avait 2 soeurs et 2 frères.
Il n’échappe à personne que plusieurs célébrités haut-marnaises portent le nom de Flammarion :
Camille, l’astronome (1842/1925) et Ernest, son frère éditeur (1846/1936) sont des cousins originaires de Montigny-le-roi.

Comment est née notre grotte ? Pour mémoire, notre grotte mesure 3.80m haut - 9.50m profondeur – 9.85m largeur

Nous avons à Chaumont une rue "Victoire de la Marne". Mais avant d’être une victoire, ce fut une bataille qui eut lieu du 5 au 12 septembre 1914. Les combats se déroulèrent le long d’un arc de cercle de 225 km à travers la Brie, la Champagne et l’Argonne, limités à l’ouest par le camp retranché qu’était Paris et à l’est par la place fortifiée de Verdun. La bataille donnera lieu au célèbre épidode connu sous le nom des "taxis de la Marne". L’armée française réquisitionna alors les taxis parisiens pour transporter en renfort les hommes d’une brigade d’infanterie de Paris sur les champs de bataille de l’Est. 6000 soldats ont pû être transportés.

Les armées ennemies sont proches et notre abbé, né 25 ans après les apparitions de Lourdes, se souvient que la Vierge Marie est descendue parler aux hommes en 1858. Des miracles se produisent à Lourdes comme au temps de Jésus. La puissance de Dieu le pénètre.
Le 8 septembre 1914 (fête de la Nativité de la Vierge), il réunit dans la chapelle de Notre Dame de Lourdes à la basilique, les jeunes filles de son patronage. Après la messe, ils firent en commun la promesse d’ériger une grotte de Lourdes dans le parc Sainte Marie bien connu des chrétiens chaumontais, si Chaumont était préservé de l’invasion. Il ajoute "si mon corps tombe en quelque coin ignoré, je vous confie l’éxécution de notre voeu".
Ce fut le cas.
Durant les dernières semaines du conflit, la percée de la ligne Hindenburg se termina par la victoire des alliés, contribuant à la fin de la guerre des tranchées. Cette bataille débuta le 18 septembre 1918 et devait durer 100 jours. Le soldat aumônier Flammarion se trouvait alors dans le village ardennais de Le Thour qui a particulièrement souffert et qui a vu la destruction de son église.
Notre Abbé n’a pas su que cette bataille avait contribué à la fin de la guerre car il fut tué le 30 octobre 1918 par un obus qui lui sectionna les jambes. La semaine religieuse, revue diocésaine de l’époque, annonça sa mort en même temps qu’elle annonça le Te Deum qui chantait la victoire et l’armistice du 11 novembre.

Le Père Flammarion a vu depuis l’au-delà son voeu de construction de grotte exaucé par les jeunes filles de son patronage Jeanne d’Arc et leur directeur de l’époque, l’abbé Moussus, remarquable de dynamisme et de fidèlité.

A la fin des célébrations, vous pourrez vous approcher des plaques gravées, l’une au nom du Père Moussus. L’autre qui rappelle le voeu plus que centenaire du Père Georges Camille Flammarion dans les termes suivants :

"En reconnaissance à Notre Dame de Lourdes qui a préservé le diocèse de l’invasion durant la Grande Guerre 1914-1918, ce sanctuaire promis par monsieur l’Abbé C.Flammarion, vicaire à Saint-Jean-Baptiste, mort pour la France, édifié dans le parc offert par Adèle Lesserteur, dame Mathieu, a été béni par Monseigneur Louvard, évêque de Langres le 10 septembre 1922.
Les pèlerins sont invités à prier pour que nos soldats tombés au champ d’honneur reposent en paix et pour que Dieu donne des prêtres à son Eglise".

Longtemps, les pèlerins se sont succcédés pour prier dans cet endroit calme et verdoyant où les fêtes de la Vierge étaient une raison de pèlerinage. Après les fureurs de la seconde guerre mondiale, les lendemains de Grand pardon présentaient une pièce de théâtre sur un épisode biblique dans ce qu’on appelait alors l’amphithéâtre du Parc Sainte-Marie.

De nos jours, nous devons malheureusement fermer le parc à la visite par prudence et du fait des risques de malveillances. L’actuelle statue de la Vierge qui nous vient de Lourdes, rapportée avec la bénédiction du Père Silvestre, est la seconde. La première ayant été vandalisée.
N’hésitons pas à participer aux rassemblements paroissiaux organisés dans le parc, ou à prendre rendez-vous pour y pénétrer en dehors de ces moments, afin de renforcer nos prières pour la Paix et l’Eglise, selon le voeu du Père Flammarion.

En 1922, 1923, la générosité des fidèles chaumontais fut telle qu’elle permit non seulement d’édifier la grotte, mais aussi de financer le campanile et ses 14 premières cloches. Elles furent baptisées selon un rituel particulier le lendemain du Grand Pardon 1923. Les pèlerins entendirent pour la première fois le carillon qui accompagna les chants. Puis, la date du 1er juillet 1923 clôtura solennellement ce Grand Pardon.
L’ensemble a été mis en place le 9 septembre 1923, complèté en 1924 et 1928 par l’installation de 11 nouvelles cloches. Grâce aux dons de collectivités locales et de paroissiens, l’Association du Grand Pardon a pu assurer une complète restauration en 2011 en prélude au Grand Pardon 2012.

Les mois qui vont s’écouler en 2022-2023 prévoient plusieurs temps forts dans le cadre de ces centenaires cultuels et culturels. Vous serez informés le moment venu.

Comme le chanoine Mettrier, curé à Chaumont il y 100 ans, relisons quelques mots du Père Flammarion :
"Les heures sont longues quand le canon sonne toutes les secondes".

"Malgré beaucoup de volonté, je me sens impuissant à remplir convenablement mon service d’aumônier. Le régiment occupe beaucoup de place. Tel groupe est à sept kilomètres, aussi arrive-t-il que je (n’aie pu) ne puisse répondre, à temps, à l’appel des blessés".

"Même dans les larmes, vive la Joie ! ...

C’était durant la Grande Guerre. La Der des Der avait-on dit !

Merci pour votre attention

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