Eglise catholique de Haute-Marne
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      Ma vie de confiné – ma vie de chrétien

Ma vie de confiné – ma vie de chrétien

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Voici des témoignages de chrétiens de Haute-Marne qui partagent leur vie quotidienne, leur vie de foi, en ce temps de confinement.


Pendant toute cette période de confinement, nous avons tous appris à vivre d’une manière différente.
Pour ma part au début, c’était très difficile car l’entreprise dans laquelle je travaille a continué son activité, de façon réduite mais sans fermeture totale.
Les médias nous faisaient parvenir des informations très déstabilisantes, un nombre de décès impressionnants et des gens qui souffraient partout, des familles qui se trouvaient séparées de leurs proches malades, sans pouvoir leur rendre visite.
J’ai continué d’aller travailler et comme pour tous ceux qui ont continué, cette crainte chaque jour, d’attraper ce virus. Mon collègue l’a attrapé et est resté en arrêt de longues semaines.
Puis j’ai commencé le télétravail lorsque l’activité s’est réduite et une autre vie s’est mise en place.
Plus de relation hormis la vie de famille cloisonnée à quatre. ‘La course contre la montre’ s’est arrêtée. Cela a été pour moi un temps de repos, de paix intérieure, de réflexion, de prière : voir cette souffrance des uns, envahis par la maladie et ce confinement pour d’autres, enfermés dans des espaces très réduits sans pouvoir sortir : quel désarroi !
Plus possible pendant ce confinement de se déplacer pour ce cœur à cœur dominical en église, alors j’ai fait comme les plus anciens, je me suis mise à regarder les offices à la télévision. Mais c’est loin d’être ce que l’on vit en communauté, rassemblés en prière.
J’ai pris le temps de prendre un livre et d’écouter chanter les oiseaux dehors. Cette richesse de la création que l’on ne prenait habituellement plus le temps d’observer, tellement on court…

Puis il a fallu penser à nos jeunes en aumônerie que l’on ne pouvait pas accueillir pour nos rencontres mensuelles.
Via le Pôle jeunesse piloté par notre jeune prêtre Vincent Cardot, nous avons créé des liens par internet, des visios avec nos jeunes.

D’abord uniquement par groupe aumônerie : nous avons partagé sur leur façon de vivre ce confinement.
Puis le 08 Mai au soir, Nos jeunes ont réalisé des vidéos : ils ont témoigné et se sont penchés sur 3 questions ;
-  Qu’est-ce qu’un ami pour toi ?
-  Quel ami es-tu ?
-  Quel ami est Jésus ?
Le Lundi de Pentecôte alors que nous aurions dû participer à la journée diocésaine à Langres, celle-ci s’est vue transformée.
Nous avons demandé à l’ensemble des jeunes de se connecter le matin de 11h30 à 12h00.
Pour ceux qui le souhaitaient, ils devaient faire un film et présenter un talent.
L’après-midi, ils devaient se rendre en église pour réaliser un rallye en famille et prendre des photos dans les églises que nous avions définies. (Voir toutes les photos jointes)
Cette journée s’est achevée par une connexion de 45 minutes le soir. Le Père Vincent animait ce live et un groupe de jeunes a chanté des louanges accompagnées par guitare et batterie. Trois nouvelles interrogations à nos jeunes qui ont pu répondre en direct :
-  Quels sont les lieux où tu peux rencontrer d’autres personnes ?
-  Dans quels lieux entres-tu en dialogue avec Dieu ?
-  Quel est le fruit de ta relation avec Dieu ?

Enfin notre Evêque a clôturé cette journée.

Sophie M., mère de famille, cadre aux Forges de Froncles et animatrice du groupe d’aumônerie de la paroisse St Hilaire.

« Personnellement je ne pensais pas passer une partie de ma vie en prison, mais là, c’est chose faite, et jusqu’à quand ? Nous sommes à deux dans la même cellule, avec une autorisation de sortie au jardin d’une heure par jour, c’est moins triste. Cerise sur le gâteau, quotidiennement, depuis le début du temps pascal, nous avons un rendez-vous Facebook ou Youtube, ô combien précieux, avec nos prêtres, les pères Benoît et Emmanuel, qui nous apportent par la célébration des offices, un enseignement et un réconfort sans précédent. Je pense vivre ce temps spirituel encore plus intensément que lorsque tout est simple et facile. Un immense merci aux pères Benoit et Emmanuel, ne changez rien à l’ordonnance, renouvelable sans prescription, votre thérapie est bien adaptée et sans effet indésirable. Médicament à prendre sans modération. »
Marcel de Montier-en-Der

« Lors de nos prières nous demandons que le Seigneur augmente la Foi, l’Espérance et la Charité. En ce temps inhabituel la Foi nous permet de supporter mieux l’isolement et nous pouvons prier davantage afin d’obtenir une plus grande sérénité face au virus.
L’Espérance, le confinement devrait prendre fin, dès que possible, afin que nous puissions vivre la Messe entourée de notre famille chrétienne. Que nos prêtres présents sur les réseaux actuellement puissent accompagner les familles lors des deuils ou autres sacrements.
Quant à la Charité : chercher la baguette de pain du voisin, téléphoner aux amis proches, envoyer de beaux sms à sa famille. Ne pas les oublier puisque nous avons du temps à consacrer à l’autre. Ce qui nous permet aussi et surtout de persévérer dans la prière afin de prendre de bonnes habitudes ! Ne plus dire : je n ai pas le temps ! Restons positifs dans le confinement. »
Christiane de Montier-en-Der

« En ce temps jamais vécu de confinement qui fera date dans nos vies, je vis ma relation à la communauté, et donc à Dieu, d’une façon tout autre.
Je me suis trouvé… et laissé complètement bousculer !
Le plus étonnant, c’est que je me sens soutenu, accompagné, aidé dans ma prière par la communauté demeurée vivante grâce aux soins de nos prêtres, certes, mais aussi par l’entremise de l’Esprit-Saint que donne la personne de Jésus en ce temps pascal « testamentaire » que j’intériorise mieux dans le silence.
Cela dit, je ressens une sorte de manque (communion…) mais ceci peut faire partie du jeûne et je le prends ainsi. Pas complètement cependant car la confession de désir est une découverte qu’il m’a été donné de vivre pour la première fois ne la connaissant pas, ainsi que la communion à l’intime de moi, autre expérience de recueillement un peu plus profond que je ne vivais pas forcément jusque-là dans la communion sacramentelle et concrète de la messe dominicale. En communauté, ne riez pas, je me « surveille » et je suis distrait par les autres autour de moi lors des offices.
Bref, je perds et je gagne, à la fois !
Sans le lien numérique qui m’est proposé, je ne serais sûrement pas aussi assidu à la prière ayant déjà assez de difficulté pour cela en temps normal, je ne sentirais pas autant cette solidarité au monde souffrant et à ses soignants, cette fraternité communautaire, cette sorte d’esprit universel. Je serais un peu la brebis perdue… qui s’est éloignée du troupeau.
Et puis, nos offices de Pâques locaux ou lointains : les messes, les homélies, le mot de notre évêque, les prières… sur l’écran sont parfois si beaux, même sans fidèles en vue, et prennent une dimension, une saveur tout autre comme… une bonne nouvelle !
Il y a rassemblement « virtuel », certes, mais pourtant réel, rassemblement communautaire dans le fond de moi, différent mais tout à fait valable, temporairement du moins pour moi.
Je vis habituellement seul dans la maison. A Pâques, la maison se remplit chaque année par la famille. Dans ce cas, le recueillement ne peut être aussi profond qu’en ce temps, j’allais dire béni, de confinement !
Bien sûr, mon souhait de sortir au plus vite de ce moment d’« enfermement » prime, et cependant globalement j’ose dire que ce moment est et aura été un temps béni… de vie communautaire ! »
Un paroissien de la vallée de la Blaise.

« En « cellule » avec Patricia, nous vivons ce temps particulier comme une retraite, merci aux acteurs du net qui par leur action nous permettent de prier, méditer et de vivre en communion, même virtuelle ! En réfléchissant à l’après : que la solidarité vécue nous ouvre encore plus à nos frères, car ces circonstances nous montrent que l’amour, premier commandement de Jésus, est la lumière qui fait vivre et qui éclaire le monde. Changer, être à l’écoute et que le « dieu argent » se mette au service de son Maître pour que demain soit Résurrection. Alléluia ! »
Alain de Montier-en-Der

« Pour ma part, le confinement, c’est un partage : d’une part, je suis la messe tous les jours c’est bien la première fois ; et je ne sais pas pourquoi, malgré toute cette tristesse autour de nous je suis dans la joie du Christ. Je range etc. ça c’est du normal, c’était déjà avant. Je fais ma part, ne pouvant aller travailler à l’hôpital, je fais les masques pour ceux qui en veulent. Je m’occupe de mon mari. Le chapelet, je le fais le soir au calme et j’étudie la Bible. Et autrement le jardin, c’est reparti. En fait, on ne s’ennuie pas et on fait nos parties de Scrabble tous les jours. On regarde la télé mais surtout en replay, ainsi on a regardé sur les chaînes histoires « la Bible » en quatre épisodes et « Civilisations » un itinéraire sur les traces de Jésus. »
Geneviève de Wassy

« Il m’est difficile en temps normal d’exprimer mes sentiments et mes émotions, quant à ma foi, c’est mission impossible, trop intime... Situation exceptionnelle aidant, je vais vous confier pour sourire ma prière matinale : « Merci Seigneur pour ce nouveau jour que Tu m’offre à vivre et donne-moi un cœur plein d’amour pour toutes les personnes que Tu mettras sur mon chemin ! » Sauf que depuis un mois, il n’y a plus personne sur mon chemin ! A part les voisins par-dessus la haie du jardin et les enfants (d’une même famille) qui jouent dans la rue ! Alors, bien sûr, je confie au Seigneur mes proches et moins proches afin qu’ils vivent au mieux ce temps d’isolement et tous ces morts qu’on dénombre si sèchement tous les soirs aux infos ! Ma prière au réveil a donc changé : « Merci Seigneur pour ce nouveau jour que Tu m’offres à vivre et donne moi un cœur simple et joyeux pour apprécier les mille petites grâces dont Tu me combles quotidiennement ! » Dans cette vie au ralenti et qu’on réalise si fragile, les moindres petites choses de la vie prennent une saveur nouvelle et plus intense : un air rythmé et enjoué à la radio, un appel d’une amie perdue de vue, une jolie carte dans la boîte aux lettres, les iris violets qui fleurissent dans le jardin, le gazouillis des oiseaux le matin, une belle phrase pleine d’espérance dans un livre... Tout est Espérance, merci Seigneur ! Joyeux confinement à tous ! »
Agnès de Montier-en-Der

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