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        L’abbé Pierre, un révolté de l’amour

L’abbé Pierre, un révolté de l’amour

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Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, sera à Esteville, dimanche 22 janvier, pour les 10 ans de la mort de l’abbé Pierre (1912-2007), personnalité préférée des Français pendant des années. Il relit son engagement auprès des plus démunis, sa popularité et son héritage.


En quoi l’appel de l’Abbé Pierre à l’hiver 54 est-il fondateur d’une dynamique de solidarité dans la société française ?

Au cœur de l’hiver 54, l’abbé Pierre lance un appel sans mâcher ses mots : les sans-abris sont moins bien soignés que les animaux, dit-il ! Que se passe-t-il alors dans sa tête et dans son cœur ? L’abbé Pierre l’a souvent expliqué : il déclare la guerre contre la misère.

La guerre le saisit quand il est jeune prêtre à Grenoble, en 1939. Il ne se résigne pas et se révolte. Il cache des Juifs, fait passer en Suisse, participe à la Résistance. L’abbé Pierre est un fils de saint François. Il aime raconter l’histoire de saint François pleurant seul : interrogé sur la cause de ses larmes, saint François répondit « l’amour n’est pas aimé ».

L’abbé Pierre est un révolté de l’amour, se mettant du côté des mal-aimés. Cela rejoint le cœur de tous les hommes faits par l’amour et pour l’amour. Il a galvanisé et galvanise encore ceux qui disent aujourd’hui « ce n’est pas possible ». Il fait partie de notre conscience collective, parfois inconsciemment !

Pourquoi ce prêtre a-t-il remporté le cœur des Français dans les sondages ?

Deux choses marquent : d’abord, la cohérence entre sa foi, ses convictions et ses actes. Et aussi la certitude que le bien peut triompher. Il s’agit de l’espérance, non pas une pseudo-espérance sous forme d’horizon mais une espérance pour demain, et qui commence aujourd’hui.

D’autres aspects de sa vie sont moins connus. Les générations les plus jeunes savent-ils que l’abbé Pierre était un prêtre engagé en politique, député de la République française comme il y en a eu tant au XIXème et, longtemps après la loi de 1905, au XXème siècle ? Peu savent qu’Emmaüs a été fondé bien avant l’hiver 54, en 1949. Ce n’est pas qu’un coup de cœur !

Comment son action se poursuit-elle aujourd’hui ?

J’ai commencé mon ministère de prêtre à Neuilly-sur-Marne, commune de la banlieue parisienne située entre Neuilly-Plaisance, lieu de la fondation d’Emmaüs en 1949, et Noisy-le-Grand, première cité d’urgence fondée à la suite de l’hiver 54 et reprise par le père Joseph Wresinski en 1956. C’est beau de voir que ces œuvres continuent … même si nous préfèrerions ne pas en avoir besoin !

Les communautés Emmaüs poursuivent leur mission. Il ne faut pas oublier que l’abbé Pierre n’a pas voulu agir pour les sans-abris mais avec eux. Les compagnons sont la première réussite de l’abbé Pierre. L’idée que les pauvres sont les premiers acteurs de leur vie poursuit son chemin. C’est leur dignité.

L’aumônerie des gens de la rue à Rouen est sur cette ligne, en tenant compte de leurs besoins matériels et spirituels. Des associations sont fondées chaque année dans cet esprit. Je pense au réseau « Welcome en France », constitué de familles qui accueillent chez elles des réfugiés ou des demandeurs d’asile, ou bien les maisons de l’association « Lazare », dans lesquelles cohabitent des jeunes adultes et des personnes en grande précarité.

Eglise Catholique en France - (JDVLT)

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L’abbé Pierre repose au cimetière d’Esteville, dans le diocèse de Rouen
Dans ce village, Emmaüs a reçu en legs, dès 1964, une demeure qui est devenue une maison de retraite pour les compagnons. Tout naturellement, l’abbé Pierre s’y est retiré avec ses compagnons. Il a séjourné également plusieurs années à l’abbaye Saint-Wandrille, cherchant dans la prière à poursuivre sa mission.

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Sa tombe - L’abbé Pierre repose au cimetière d’Esteville

« Nous en sommes légitimement heureux, presque fiers, commente Mgr Lebrun. Mais, à bien y regarder, l’abbé Pierre n’est jamais resté très longtemps en place. Gardons-nous de mettre la main sur lui, comme pour le récupérer. L’Evangile n’appartient à personne. Il est un grand fleuve, avec de nombreuses rivières souterraines tout aussi abondantes et utiles pour notre terre. Rendons grâce à Dieu pour le fleuve Abbé Pierre et pour tous les révoltés de l’amour ».

JDS

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