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      Pékin veut une Église catholique « indépendante » de Rome

Pékin veut une Église catholique « indépendante » de Rome

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Plus de 350 délégués de l’Église catholique officielle chinoise se sont réunis à Pékin du 27 au 29 décembre, sous la direction de responsables gouvernementaux.


En quoi a consisté la réunion de Pékin ?

La « IXe Assemblée nationale des représentants catholiques » a réuni du 27 au 29 décembre à Pékin 365 délégués de l’Église officielle chinoise, dont 59 évêques, à l’appel de « Front uni », l’instance gouvernementale qui veille sur les religions reconnues en Chine. Ils avaient pour tâche de désigner les dirigeants de l’Association patriotique des catholiques chinois et de l’épiscopat « officiel » chinois, réuni en un « Conseil des évêques catholiques de Chine » qui n’est pas reconnu par le Vatican.
Cette réunion est bien « une institution voulue et dirigée par le gouvernement chinois », analyse Églises d’Asie, l’agence de presse des Missions étrangères à Paris. Sur les huit évêques ordonnés sans l’aval de Rome, six figurent désormais parmi les instances dirigeantes du Conseil des évêques et de l’Association patriotique.

Quel message Pékin cherche-t-il à délivrer ?

Les catholiques doivent « mieux s’intégrer dans la société », « combiner le patriotisme à leur ferveur pour l’Église », et « s’unir pour contribuer à la construction du socialisme à caractéristiques chinoises », a martelé au cours de cette réunion Yu Zhengsheng, haut responsable du régime communiste et président du « Comité national de la Conférence politique consultative du peuple chinois » (CPCPC), cité par l’agence officielle Chine nouvelle. L’Église chinoise « doit adhérer au principe de l’administration autonome, s’occuper elle-même des affaires religieuses de façon indépendante et pousser les fidèles à adhérer au processus de "sinisation" de la religion », a-t-il ajouté.

« Derrière ces deux notions d’indépendance et de sinisation se trouve l’idée qui est à la base de la politique religieuse du Parti communiste, à savoir que les religions en Chine n’ont droit de cité que si elles sont autonomes par rapport à toute puissance étrangère », explique Églises d’Asie. La Chine « espère que le Vatican pourra adopter une approche plus flexible et pragmatique afin de créer les conditions favorables à une amélioration de nos relations, au travers d’actions concrètes », a insisté cette semaine Wang Zuo’an, responsable du gouvernement pour les cultes, appelant à « un dialogue constructif » avec Rome.

Comment le Vatican réagit-il ?

Le Vatican n’avait pas, dimanche, officiellement réagi à ces déclarations. Mais dans une déclaration rendue publique 10 jours plus tôt sur la situation de l’Église catholique en Chine, le Saint-Siège avait souligné que « tous les catholiques en Chine attendent avec impatience des signaux positifs ».

Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Greg Burke, avait dit attendre les déclarations de la IXe assemblée nationale des catholiques chinois, témoignant ainsi de la bonne volonté du Saint-Siège. « Le Saint-Siège attend de juger sur des faits prouvés », avait-il souligné.

Où en sont les relations diplomatiques entre Pékin et le Vatican ?

Les nouvelles déclarations de Pékin viennent clairement contrecarrer les tentatives de rapprochement multipliées par le Vatican ces derniers mois.

Officiellement, le Vatican et la Chine n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951. Depuis son élection, le pape François a multiplié les gestes envers la Chine, en faisant l’une des priorités diplomatiques de son pontificat. Depuis janvier 2016, des émissaires de Pékin et du Vatican se sont rencontrés à au moins quatre reprises pour tenter de s’entendre sur l’épineuse question des nominations d’évêques. Selon le Wall Street Journal, une proposition d’accord aurait même été soumise au pape à son retour de Suède, début novembre, prévoyant l’approbation par Rome de huit évêques de l’Église officielle non encore reconnus par Rome.

Début décembre ont émergé de nouvelles crispations après la participation, imposée par le régime communiste, de Mgr Lei Shiyin à deux ordinations épiscopales approuvées par Rome. Or, Mgr Lei Shiyin est un évêque « officiel » illégitime ordonné en 2011 sans autorisation du pape, et donc théoriquement excommunié.

Loup Besmond de Senneville / La Croix - (JDVLT)

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